Diavoletti Toscani

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Résistance au gel

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La terracotta de Impruneta a la réputation d’être particulièrement résistante aux hivers rigoureux. Qu’en est-il ? Distinguons d’abord 2 types  de problèmes provoqués par le gel :

A) La fissuration ou cassure nette d’un vase.

La résistance de la matière au gel n’a strictement rien à voir. Cette cassure nette est due à un mauvais drainage du vase. Ce genre de problème est facilement identifiable. Quand un pot souffre et n’arrive pas à libérer son eau, il développe une transpiration très visible sur la surface soumise à pression. Cela se traduit par la présence de taches blanchâtres suivi de l’apparition, la formation d’une fissure. L’eau cherche à sortir du vase et s’engouffre dans le moindre petit pore de celui-ci. Quand cela arrive-t-il ?

Quand le pot est posé sur une soucoupe et que l’on oublie de l’enlever pendant la période hivernale. Celle-ci se remplit d’eau et,  à la première gelée, le pot subit une pression interne et externe de l’eau devenue Glace en provoquant une cassure ou plusieurs cassures nettes.

Quand un pot  est laissé pendant l’hiver sur le sol sans être surélevé (surtout carrelages, pierre, pavé etc.,... Même posé sur du gazon, le pot ne va pas pouvoir se drainer normalement, il va se gorger d’eau à la moindre pluie intense et se fissurer si le gel survient juste après.

C’est pour cela que l’on préconise toujours de surélever le pot d’au moins 1 cm, il existe des supports en terracotta ( voir notre catalogue) sobres ou figuratifs ‘( pattes de lion) qui se marient parfaitement avec le vase. Sinon, il suffit de placer tout simplement 2 petites lattes en bois sous le pot, cela fera un excellent isolant et permettra un écoulement normal et équilibré de l’eau d’arrosage.

 B) L’effritement partiel du vase.

Vous avez acheté un vase de mauvaise qualité. Souvent en cause, la structure minéralogique de l’argile, sa fabrication industrielle, sa mauvaise tolérance à un haut degré de cuisson. C’est le cas de la majorité des vases importés d’Orient où seule la couleur a une vague ressemblance avec celle de la vraie « Terracotta ». En règle générale toute importation massive dans ce secteur sous-entend une qualité médiocre. On en trouve souvent dans les grandes surfaces, de jardinage et de bricolage. Il faut admettre que même en Europe,  à part la terre de Impruneta qui s’est véritablement taillée un réputation exceptionnelle de non-gélivité, aucune autre argile ne peut garantir une bonne tenue au gel en dessous des -10°.

Quels sont les atouts de la Terracotta d'Impruneta  en termes de résistance au gel ?

Sa Composition Minéralogique.

La présence en forte quantité d’un résidu calcaire nommé dans le jargon «  Galestro ».  Le Tout permet une cuisson à une température très élevée allant de 960° à 1020°.  (rare dans le domaine de la poterie). En voici la composition ( pour les passionnés de minéralogie et de chimie) est :

- une teneur minimum de 65% de minéraux argileux( du total), dont 40 % de kaolinite et 10 % d'hydrates illite. Ceux-ci ajoutés d’un pourcentage minimum de '8 % de calcite , 16 % d'alumine et 0,5 % d'oxyde de titane. en plus d'une teneur maximale en silice de 55 % sur le total.

 La Structure de sa porosité.

Plus d’un artisan de Impruneta m’a confirmé la suivante caractéristique propre à cette terracotta. Une fois cuite,  toute terre cuite présente une porosité régulière. Dans le cas de la Terracotta de Impruneta,  cette porosité n’est pas homogène. En analysant la coupe transversale de la matière, on remarquera une plus grande étanchéité sur la partie superficielle du corps que sur la partie interne (contrairement à ce que j'entends souvent dire par certains). Probablement due au bain de fixation de fixation à l’eau d’ après cuisson. Cela empêcherait le gel de faire exploser la matière.

 

Le travail manuel.

L’argile  crue doit être malaxée manuellement pour qu’elle ne présente aucune faiblesse de structure  ( bulles d’air).Dans la fabrication manuelle des vases, que ce soit avec la technique du colombin, du  remplissage de moule en plâtre ou à la coquille (« guscio »), l’importance de l’épaisseur de la matière est primordiale, une adresse technique que seul le travail manuel peur gérer correctement.